Retour au listing

Vie du réseau

Gestion du thrips en serre : nouvelles perspectives

Benjamin Hénault

Dans le cadre d’un partenariat entre la société Koppert et le groupement de producteurs Philaflor, des travaux ont été menés sur la problématique de la gestion du thrips.

Cette étude a été menée au cours du printemps et de l’été 2011 par Thibault Crance (élève-ingénieur d’AgroCampus Ouest, centre d’Angers, INHP) dans le cadre de son mémoire de fin d’étude chez cinq producteurs de la région hyéroise. Une réunion sur cette problématique et sur les résultats de ces travaux a été organisée le mardi 6 septembre 2011 à la SICA MAF d’Hyères ; une trentaine de personnes (producteurs, techniciens Philaflor, techniciens JARDICA, SCRADH, INRA et Koppert) ont assisté à la réunion.

L’objectif de l’étude était double : apporter une solution technique à la problématique thrips en culture de rose en utilisant des auxiliaires « nouveaux » mais aussi faire un point sur les mesures prophylactiques à mettre en œuvre afin de limiter les situations difficilement gérables.

Les auxiliaires testés sont l’acarien Amblyseius swirskii, en lieu et place de l’acarien Neoseiulus cucumeris et l’acarien prédateur du sol Macrocheles robustulus.

Macrocheles robustulus. Source : Koppert Bv.

Macrocheles robustulus. Source : Koppert Bv.

La cible de chacun des auxiliaires est indiquée dans le tableau ci-dessous.

Les essais ont été conduits sur quatre variétés (AUBADE, MILVA, MISS PARIS & POLAR STAR), cultivés en hors-sol dans des bacs de perlite. Un suivi hebdomadaire des populations de thrips par une opération de frappage manuel a permis la comparaison de quatre stratégies de contrôle des thrips. Les stratégies testées sont les suivantes :

Dans les conditions des essais, la stratégie PBI utilisant A. swirskii a permis un meilleur contrôle des populations de thrips que celle utilisant N. cucumeris (baisse de l’ordre de 50 à 70%). Elle a également permis un contrôle identique des populations de thrips par rapport à une stratégie chimique avec en moyenne 1 à 2 traitements par semaine ; la stratégie PBI avec A. swirskii permet cependant de diminuer de 40 à 80% l’utilisation de produits phytosanitaires par rapport aux stratégies classiquement utilisées (PBI avec N. cucumeris ou suivi chimique).

Rose thripsé. Crédit : T. Crance, mai 2011

Rose thripsé. Crédit : T. Crance, mai 2011

L’apport supplémentaire de M. robustulus permet d’amplifier ce phénomène de contrôle des populations de thrips de l’ordre de 20 à 60% selon les semaines d’étude et les variétés.

La combinaison d’A. swirskii et de M. robustulus permet de rester sous le seuil de 0,5 thrips/fleur au cours de l’ensemble de la durée de l’essai, seuil qui permet d’avoir peu de dégâts dans la culture. Enfin, M. robustulus est retrouvé plus de cinq mois après son introduction dans le mulch.

Sachet de SWIRSKI-MITE PLUS dans le poumon du rosier. Crédit : T. Crance, mai 2011

Sachet de SWIRSKI-MITE PLUS dans le poumon du rosier. Crédit : T. Crance, mai 2011

Ces essais ont aussi permis de mettre l’accent sur l’importance en cultures de rose de la prophylaxie. Les fleurs du poumon, si elles ne sont pas retirées de manière systématique, sont une source de nourriture pour les thrips et permettent leur maintien dans les serres. Il en est de même pour les adventices sur lesquelles les thrips s’installent facilement et qui fournissent du pollen en abondance si celle-ci ne sont pas retirées. Enfin, l’étude a été l’occasion de faire un point sur la gestion du climat dans les serres : en effet, une humidité relative moyenne comprise entre 70 et 80% permet une bonne installation et une bonne prédation des auxiliaires installés dans la culture ; en revanche, une humidité relative inférieure à 50% peut entraîner une forte mortalité des œufs des auxiliaires et donc limiter leur installation. Le climat est donc à gérer de manière rigoureuse de façon à ne pas favoriser le maintien dans les serres du ravageur thrips.

Ces tests ouvrent donc des perspectives intéressantes dans la gestion des populations de thrips. Cependant des essais complémentaires sur des grandes surfaces et pendant un plus longue période seront nécessaire afin de fiabiliser la stratégie.

Cependant, cette étude a permis de mettre en évidence l’importance d’un suivi régulier et rigoureux afin de contrôler au mieux les populations de thrips et de ne pas se retrouver dans une situation difficilement gérable avec des moyens biologiques et/ou chimiques.

Rédaction : Koppert France /Thibault Crance, avec l'appui d'Anne-Isabelle Lacordaire

Merci à Koppert et Thibault Crance de cette contribution pour le site Florisud

Retour au listing