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Vie du réseau

Arum : une production varoise singulière

Hénault Benjamin

Autrefois courante sur le littoral méditerranéen, la production d'arums a décliné sous la pression sanitaire et la rigueur de quelques hivers. Certains producteurs, à l'image de Michel Gueirard, se sont de nouveau tournés vers cette fleur élégante aux lignes épurées suite aux avancées de la recherche.

Michel Gueirard est installé à La Crau depuis 1976. Il cultivait alors déjà de l'arum mais fut contraint d'arrêter après quelques années faute de disposer de moyens de lutte contre la ravageuse Erwinia, pourriture bactérienne qui se développe dans le sol et infecte le rhizome de la plante. "En pleine terre, c'était devenu incultivable car encore aujourd'hui il n'existe aucun traitement pour se débarrasser de cette bactérie", raconte l'horticulteur.

Il y reviendra en 2005 suite aux travaux menés par le SCRADH sur la conduite en hors-sol de l'espèce. La technique permet de s'affranchir de la problématique Erwinia et facilite également la gestion de l'enherbement et de l'arrosage, note Michel Gueirard. Aujourd'hui, son exploitation compte 3.400 m2 de serre plantés en arum hors-sol sur perlite. Chaque année, les plants sont arrachés, triés, repiqués et le substrat désinfecté par solarisation.
En dehors de la bactérie Erwinia, l'espèce ne présente pas de problématique sanitaire particulière. La culture, conduite en protection biologique intégrée, est surveillée à l'aide d'un système de piégeage mais ne nécessite que très rarement d'intervention. "J'ai fait un lâcher d'auxiliaire une seule fois contre une attaque d'araignée", précise Michel Gueirard. Adaptée aux conditions climatiques locales, elle n'est pas gourmande en chauffage et a juste besoin d'être maintenue hors gel, ce qui a évité des investissements à l'horticulteur.

Le producteur travaille aujourd'hui en lien avec le SCRADH sur l'optimisation d'occupation des serres et la maîtrise du calendrier de production. Dans ce cadre, il s'est engagé dans un essai de pré-culture afin de rallonger la période de production qui s'étend généralement entre févier et mai. Sur son exploitation, Michel Gueirard a associé la culture de l'arum à celle de l'anémone, de sorte à enchainer les deux productions. L'arum s'insère en effet entre les anémones et renoncules qui terminent leur saison et la pivoine qui débute.

Comme lui, selon les données du Marché aux Fleurs, ils étaient plus d'une vingtaine sur la saison 2011/2012 à produire des arums en fleur coupée. Sur cette période, la SICA a commercialisé quelque 700.000 tiges au prix moyen de 0,466 euros l'unité. L'espèce représentant 1,3% du chiffre d'affaire global du MAF sur l'année, 2,3% sur la période qui va de mars à mai, pendant le pic de production. Si les volumes apportés ont diminué par rapport à la campagne 2006/2007 où le marché comptait environ 1,1 millions de tige, la rémunération de la fleur a connu en contrepartie une progression de plus de 15 centimes d'euros/tige.

"On a globalement noté l'arrêt d'anciens producteurs, par contre, l'évolution qualitative et la standardisation des produits a permis une meilleure valorisation", explique Gilles Rus, responsable développement de la SICA MAF. L'arum fait d'ailleurs partie des espèces qui rejoindront prochainement la marque Hortisud, le cahier des charges étant en cours de finalisation. Du côté du SCRADH, le travail se poursuit également, notamment via la mise en place d'une collection de différentes variétés d'arum, précise enfin Michel Gueirard.

Source : En Pays Varois du 25 avril 2013

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