Retour au listing

Interventions Florisud

Plan d'avenir de l'horticulture méditerranéenne : un projet de territoire à défendre

Hénault Benjamin

En continuité des travaux engagés par la filière horticole varoise il y a trois ans en faveur d'un plan d'avenir pour l'horticulture, une délégation emmenée par les présidents des chambres d'agriculture du Var et des Alpes-Maritimes, rassemblant les responsables de la SICA MAF, de Hyères Hortipole, de la FNPHP et de la FDSEA 83, accompagnée des représentants de la DDTM et de la DRAAF, a été reçue au ministère de l'Agriculture le 26 janvier dernier.

A la demande des services de l'Etat, la profession a présenté une synthèse des 30 propositions du plan d'avenir remis l'an dernier à Stéphane Le Foll.

 

N'étant pas éligible à la PAC et ne disposant d'aucune OCM spécifique, la délégation a réclamé des aides adaptées à la filière et au niveau de l'enjeu afin de relancer l'activité.

 

Quatre mesures prioritaires ont ainsi été défendues devant Sébastien Couderc, conseiller du ministre en charge des filières végétales et des biocarburants, entouré des représentants de la Direction générale de l'aménagement du territoire, DGPAT et de FranceAgriMer.

 

Les demandes de la filière portent sur une aide adaptée en matière d'investissement dans des outils de production techniquement, économiquement et environnementalement performants, les besoins étant estimés à 60 millions d'euros pour 60 ha de serres ; sur l'appui à l'innovation, au travers d'une aide de 1,5 million d'euros pour moderniser et soutenir le SCRADH, sur un accompagnement de 45.000 € par an de la démarche de reconnaissance en IGP fleurs et plantes, en commençant par la pivoine, l'anémone et la renoncule ; sur la nécessaire obligation de mention d'origine pour les produits de l'horticulture pour valoriser la production nationale dans un contexte difficile de distorsions de concurrence.

 

La rencontre n'a malheureusement pas répondu aux attentes. "On a été écouté mais pas entendu", déplore Michel Gueirard, président de la SICA MAF.

 

Pour ce qui concerne l'aide à l'investissement et à l'innovation, l'Etat a renvoyé la filière vers la Région, gestionnaire de fonds européens, afin d'identifier les opportunités et possibilités de financements, ainsi que vers l'appel à projet "Modernisation des serres et des équipements dans les secteurs maraîcher et horticole", nouvelle version de la circulaire serre. Si les responsables professionnels se sont rapprochés du Conseil régional afin de pouvoir étudier le dossier au plus vite, ils dénoncent le nouveau dispositif d'aide à la modernisation des serres. "Sur une enveloppe commune de 14 millions pour le maraîchage et l'horticulture, il n'y aura qu'environ 2,4 millions pour la filière horticole. Le seuil d'aide a par ailleurs été remonté à 50.000 €. Nos petites et moyennes entreprises auront donc de plus en plus de mal à prétendre aux 20 % de subvention", fustige Michel Gueirard.

 

Pour la reconnaissance en IGP, si Hyères Hortipole a bénéficié d'une aide de 20.000 € du fonds national pour l'aménagement et le développement des territoires en 2015 pour lancer et animer la démarche, l'Etat n'a pas pris d'engagements pour l'avenir, ouvrant seulement la possibilité d'un appui par l'INAO. Déception aussi concernant l'obligation de mention d'origine, la filière n'ayant pas obtenu les mesures d'accompagnement technique et politique escomptées.

 

"Ce plan d'avenir horticole pour la fleur coupée et la plante en pot, c'est trois ans de travail, soutenu par les trois préfets qui se sont succédé, qui est devenu un projet territorial pour l'horticulture méditerranéenne. La filière, malgré les difficultés, s'est engagée pour la relance au travers de ce plan. Mais pour être concurrentiel, il faut un outil performant, de l'innovation, une valorisation des productions et de l'origine. Il y a beaucoup d'impatience et c'est d'autant plus long que plusieurs sinistres se sont ajoutés aux difficultés des entreprises. Mais nous allons continuer à travailler, nous avons solliciter la Région et je compte bien interpeller le ministre lors du salon de l'agriculture", commente le président de la Chambre d'agriculture, Alain Baccino, avant de conclure : "je rappelle que la réflexion du plan d'avenir s'est basée sur la question : plan de relance ou plan social ? Cette filière a des atouts mais elle a besoin d'aides spécifiques pour rebondir".

 

Article extrait d'En Pays Varois n°1025 du 12 février 2015

Télécharger ici le bulletin d'abonnement à En pays Varois.

Retour au listing