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Horticulture générale

Rabobank : quelle vision de la floriculture mondiale ?

Hénault Benjamin

La principale banque néerlandaise des horticulteurs, Rabobank, a publié en janvier une note sur la situation et les perspectives de l'horticulture ornementale. Production de spécialités, partenariats commerciaux, sont des éléments clefs pour les producteurs européens dans le concert mondial.

L'augmentation des exportations mondiales de produits de l'horticulture est frappante : de 8,5 milliards d'euros en 2001, elles atteignaient 21 milliards d'euros en 2013, avec un bon de 20% depuis 4 ans. Parmi celle-ci, les fleurs coupées pèsent pour 45% avec une prévision de hausse importante des échanges selon le document.

La Rabobank évoque le renforcement de la compétition internationale dans les prochaines années, en particulier pour les fleurs coupées. Ceci est illustré par la hausse de la contribution de la Colombie (15%), de l'Equateur (9%), du Kenya (7%) et l'appartition de l'Ethiopie (2%) dans le flux mondial des exportations en 2013, au détriment des Pays Bas malgré leur position centrale pour le négoce (de 58 en à 52% en 10 ans) et des autres nations européennes.

La part des marchés traditionnels que représentent les Etats Unis, l'Europe et le Japon, stagne globalement tandis que celle de la Russie et de la Pologne croit. En revanche, il n'est pas noté de hausse notable des flux d'import/export ces 10 dernières années sur les grands marchés émergents que représentent la Chine, l'Inde (les deux plus grands pays producteurs de fleurs coupées eux-mêmes), le Brésil, le Mexique ou la Turquie. Sur ce point, le document note la part grandissante du transport maritime pour les fleurs coupées : la Colombie exporte déjà 15% de ces fleurs par bateau, diminuant de moitié les coûts de transport. Israël vers l'Europe et le Vietnam vers le Japon ayant déjà largement recours à ce moyen. (voir article Florisud à ce sujet)

Pour les 10 prochaines années, la Rabobank voit les évolutions suivantes :

  • Une poursuite de la hausse de la production et des échanges mondiaux, avec parallèlement une demande stagnante en Europe et aux Etats-Unis, qui profitera aux produits faciles à produire et à transporter, favorisant les régions du monde à bas coûts de production.
  • La réaction indispensable des producteurs européens pour rester compétitif dans un tel contexte. Les solutions proposées pour ces producteurs : se spécialiser dans la production d'espèces locales, de spécialités, et la carte de la saisonnalité pour certains produits. Elle conseille aux autres tout simplement de... se délocaliser !
  • D'un point de vue générale, la Rabobank estime que pour les producteurs, les relations avec les fournisseurs (jeunes plantes, obtentions nouvelles, intrants...) seront déterminantes, au besoin avec la mise en place de partenariats dans les grandes régions spécialisées.
  • Le modèle qui va se développer est celui de relations entre offre et demande organisée par des "facilitateurs", garant d'un approvisionnement régulier, d'une qualité contrôlée. Ce "facilitateur" unique est un commerçant, distributeur ou un agent import/export par exemple, qui pourra offrir des services complémentaires à ses producteurs/fournisseurs comme à ses détaillants, dans une communication facilitée, comme cela se pratique déjà actuellement. Sur ce sujet, on observe déjà une tendance à la concentration d'un petit nombre d'opérateurs du commerce horticole dans le monde, et le développement des relations contractuelles directement entre grandes fermes de production et ces commerçants.

La Rabobank conclue en expliquant que la chaîne de valeur traditionnelle organisée autour d'intermédiaires nombreux et variés est un modèle déjà démodé...

D'après Rabobank Industry Note #475 - janvier 2015 - "World Floriculture Map 2015", téléchargeable ici (en anglais)

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