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Horticulture générale

Les horticulteurs kenyans seront ils durablement soutenus ?

Christine Durand

Quelles seront au Kenya les incidences humanitaires des délocalisations des firmes horticoles multinationales ? Le sujet n’est pas encore d’actualité, mais clairement la menace est présente à l’heure où certaines grandes firmes amorcent une délocalisation vers l' Éthiopie.

Le développement durable en horticulture est sans aucun doute une manne pour les populations locales des pays en voix de développement. Les firmes qui s’y installent, aidées par des politiques d’aide au développement, mettent en place des actions concrètes d’aides aux populations locales. Outres les emplois, elles s’engagent via le développement durable, dans des programmes de scolarisation des enfants et de mise en place d’hôpitaux privés réservés aux salariés et à leur famille. Mais qu’arrive-t-il quand la logique économique suivie par la firme tourne en faveur d’un autre pays ?

 

Le kenya pourrait être face à cette problématique dans les prochaines années si rien n’est fait pour maintenir sur place les firmes privées horticoles.

 

Pour le Kenya, la menace vient de l’Ethiopie, qui souhaite également profiter de la manne économique proposée par l’horticulture. Dans ce pays frontalier du kenya, le gouvernement propose des avantages financiers venant s’ajouter aux aides dans le cadre des échanges internationaux en faveurs des pays en voix de développement. l’Ethiopie offensive dans sa démarche pour attirer les investisseurs, propose de faciliter l’installation en se chargeant des infrastructures (routes, raccordement électrique, gestion des l’eau) . Dans un contexte geo politique complexe, l’Ethiopie semble avoir trouvé une carte à jouer. Dans ce pays l’industrie de la fleur a atteint 9 000 hectares en 5 ans. En 2007, l’une des plus importantes firmes horticole (Sher Agencies) s’est implantée en Ethiopie suivie bientôt par de nombreuses autres.

 

Bien sûr, le kenya reste à ce jour le géant de l’industrie de la fleur en Afrique, avec un chiffre d’affaire à l’export de 551 millions de dollars en 2008 et 3 millions d’empois direct ou indirect. Nul doute qu’il fera tout pour préserver sa situation. Mais que fera-t-il si les firmes étrangères se désinvestissent. Comment gérera-t-il une population dont la qualité de vie dépend maintenant en grande partie de ces firmes multinationales ? Le développement durable fera t’il des naufragés ? L’étiquette du développement durable continuera t’elle à mériter la confiance des consommateurs ? L’avenir nous le dira.

 

Source : theeastafrican.co.ke 08.30.2010

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