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Horticulture générale

Les Pays Bas perdent leur fauteuil

Hénault Benjamin

Dans un article du Lien Horticole, Marie Françoise Petitjean dresse le portrait d'une horticulture hollandaise qui "s'essouffle", dont le modèle hyper-productiviste amène à de fortes baisses des surface et du nombre de producteurs durant ces dernières années.

Les Pays Bas ont connu une baisse de - 23 % des producteurs de fleurs coupées depuis 2010. Les expert de la Rabobank, principale banque de la profession hollandaise, prévoit une "poursuite des disparitions d'entreprises de 6 à 7 % par an jusqu'en 2015" (Le Lien Horticole). En prenant l'année 2000 en référence, c'est au total 60 % des entreprises hollandaises qui ont disparues tout secteur confondu pour 26 % des surfaces (42,6 % en fleurs coupées). Des conséquences à relativiser : grâce à l'industrialisation constante des systèmes de cultures, on constate paradoxalement une hausse de 3,9 % de la valeur à la production des fleurs coupées entre 2011 et 2012 pour atteindre 2120 millions d'€. La hausse de productivité des entreprises, réelle, masque un affaiblissement de la compétitivité du modèle hyper-intensif.

En cause, la morosité des marchés et des prix tirés vers le bas dans un contexte de forte concurrence internationale et d'importations croissantes, tandis que les coûts d'investissement et de fonctionnement s'envolent. Les instituts spécialisés annoncent 44 % d'entreprises horticoles en difficulté. Entre autre conséquence : les taux d'autofinancement demandés aux investisseurs tournent maintenant autour de 25 - 30 %, pour des investissements en foncier et en matériel de plus en plus conséquents du fait de la course au progrès technologique.

Parmi les réponses évoquées par les producteurs eux-mêmes face à la situation : l'adaptation par la reconversion des entreprises vers d'autres marchés horticoles (de la plante en pot aux jeunes plants par exemple), l'adaptation par l'innovation technologique et une efficacité sans faille en terme de gestion à tous les postes de l'entreprise. Gamme et positionnement pertinent, qualité, services, sont évoqués comme des moyens classiques de se différencier, en évitant de se jeter dans la bataille sur les prix. La recherche de nouveaux marchés, le développement de l'export et "le retour en grâce du produit localement" sont d'autres pistes évoquées pour conserver une bonne valeur ajoutée.

Le mot de la fin revient à ce producteur, Eric Moor, élu "meilleur producteur de l'année 2013 aux Pays Bas". Après plusieurs diversification majeures de son entreprise, il revient sur l'état d'esprit qui doit dominer dans l'entreprise avec ces mots clefs : curiosité, opportunisme sur les marchés, qualité, professionnalisme, énergie pour communiquer avec ses clients et ses fournisseurs.

D'après Le Lien Horticole du 9 avril 2014, article de Marie-Françoise Petitjean.

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