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Horticulture générale

Agriculture 3D : une autre vision

Christine Durand

Ce n’est pas une fiction, la 3D s’implante dans le monde agricole, et bien qu’elle ne soit pas aussi récréative que sa grande sœur à lunettes, elle offre réellement une vision nouvelle sur le développement durable agricole.
Dans cet article, vous trouverez un focus sur le principe de la 3D , les liens de référence pour accéder à la source à l’information, et en exemple celui des producteurs de tomates Rougeline, dont la similitude avec notre secteur est frappante.

La démarche 3D (Destination Développement Durable ) portée initialement par la Fédération Régionale des coopératives d’Aquitaine et le groupe AFNOR, a pour vocation d’accompagner les coopératives agricoles et les industries agroalimentaires sur la voie du développement durable. ( télécharger la plaquette )

Le principe est celui d’un engagement collectif, portant sur la production et la commercialisation d’un produit agricole et encadre les impacts de cette activité globale sur la société et l’environnement. La règle de base est la gestion durable de l’activité (économiquement viable, préservant les ressources pour les générations à venir). Les structures engagées, généralement des coopératives ou des sociétés de négoce, établissent une charte d’engagement durable selon 8 critères : gouvernance, résultats économiques, relation marché-clientèle, social, santé&sécurité, sociétal-qualité produit, environnemental.

La rédaction de cette charte se fait en relation étroite avec les personnes impliquées dans les décisions du groupe (clients, producteurs, communautés, financiers) et c’est d’ailleurs l’intérêt et l’originalité de la démarche. La méthode de travail est encadrée par les experts 3D, car c’est une phase cruciale dont découle la mobilisation de chacun des acteurs du développement durable. Cette cohésion entre les parties prenantes (gouvernance) instaure une écoute qui rend féconde la communication.

Chose originale, la finalité de la démarche la certification iso 26 000, ne semble pas être l’essentiel. L’essentiel est dans le processus de mise en place : construire, identifier, communiquer, impliquer. La certification à laquelle la méthode 3D prépare interviendra comme une reconnaissance du professionnalisme des actions menées. Et justement parce que l’essentiel est dans la démarche, un collectif d’accompagnement a été crée, les entreprises entrant dans la démarche bénéficient de l’expérience des autres et participent également aux échanges communautaires sur la thématique du développement durable. Un site dédié leur est ouvert generations3D.com , ce site est aussi un outil de communication vers l’ensemble de la société.

L’exemple les maraichers Rougeline

Présentation en quelques chiffres (2010):

  • Organisations de producteurs détenant une filiale de commercialisation basée à Marmande
  • 155 producteurs / 255 ha / 1 700 salariés
  • représentant 12% de la production française de tomates
  • Marché français : 90%
  • Une marque collective « Rougeline » crée en 1990

La SAS Rougeline s’est engagée dans la démarche 3D en 2008, en pilote avec 12 autres entreprises agricoles ou agroalimentaires d’Aquitaine. A la lecture de leur premier rapport il transparait une démarche fédératrice portée par l’entité commerciale. La communication sur le développement durable est un outil important elle fait l'objet d'une formation inclue dans la démarche 3D.

La charte d’engagement planifie les actions devant agir sur l’impact économique, social et environnemental de l’activité. Une dynamique collective, ou les actions de progrès sont jugés pour leur pertinence, leur amplitude, leur réussite et leur impact. Ce mode d’évaluation permet la valorisation du groupe par les méthodes d’excellence observées chez les plus innovants (PBI, EnR), ce que ne permettrai pas les démarches individuelles aboutissant à l’exclusion des moins méritants. Ce mode d’évaluation est aussi très dynamique car une action est jugée sur son impact réel qui est parfois éloigné de l’impact pressenti. C’est également une démarche d’ouverture avec l’aide de la Fédération Régionale des coopératives d’Aquitaine qui les accompagne dans leurs travaux sur des thématiques cruciales : groupement d’employeurs, groupement d’achat, énergie, PBI, formation, communication interne, collaboration générationnelle, environnement, commercialisation.

A suivre le témoignage du producteur, président de la SAS Rougeline Bruno Vila et la charte 3D adoptée par le groupe.

En savoir plus sur la norme iso 26 000

Image norme iso 26 000

Face à multiplication pour les consommateurs européens des systèmes de qualification environnementale ou durable applicables aux produits agricoles, l’institut international ISO (International Organisation of Standards) a travaillé dès 2005 à l’élaboration d’un standard commun encadrant l’engagement durable sur une triple dimension : Économique-social-environnemental.

Selon son mode habituel de travail, ISO a constitué des groupes d’experts mobilisant 92 pays, 42 organisations internationales, des industriels, des syndicats, des consommateurs pour définir et encadrer la responsabilité sociétale. Celle-ci est définit comme la responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de son activité de de ses décisions sur la société et sur l’environnement se traduisant par un comportement transparent et éthique qui contribue au développement durable, prend en compte les attentes des parties prenantes, respecte les lois en vigueur et est compatible avec les normes internationales.

La norme iso 26 000 sert de ligne directive pour bâtir un engagement d’activité durable reconnu intertionalement. Elle n’est pas certifiable mais fait cependant l’objet d’évaluation par l’AFNOR (membre français d’ISO).

L’outil 3D, développé avec le groupe AFNOR a pour vocation d’accompagner les coopératives agricoles et les industries agroalimentaires sur la voie du développement durable. Il prépare à l’évaluation iso 26 000.

Remerciements au pôle Européen d'Innovation des Fruits et Légumes (PEIFL) qui a travers sa démarche de sensibilisation des entreprises nous a permis d'accéder à cette information.

A noter, qu'une action pilote est menée en ce moment par le PEIFL, sur la région PACA, avec une dizaine d'entreprises (Fruits et légumes, viticulture) inscrites dans un programme 3D.

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