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Valorisation de la faune indigène utile dans le cadre de la PBI

Les abords des serres: un rempart pour protéger les cultures?

Ange LHOSTE DROUINEAU

Bien agir à l’extérieur pour protéger l’intérieur. L’objectif est de favoriser la biodiversité fonctionnelle dans les exploitations varoises.On cherche ainsi à implanter, dans ou autour de l’entreprise, la faune auxiliaire avant l’arrivée massive des ravageurs saisonniers comme les pucerons au printemps et les noctuelles en été.

Comme un rempart pour protéger les cultures, les abords sont entretenus et valorisés en implantant des abris et des plantes attractives, banques ou hôtes à auxiliaires.

Dans l’optique d’une installation significative de ces auxiliaires dans les cultures, les facteurs favorables au maintien des auxiliaires indigènes dans l’environnement des serres (serres et abords) sont mis en œuvre :

  • Le retrait des produits chimiques aux abords des serres.
  • L’implantation et l’entretien des habitats pour les auxiliaires indigènes aux abords des serres : plantes hôtes méditerranéennes, plantes à pollens et nichoirs pour l’hivernation.
  • La fauche des pelouses (avec une barre de coupe) est préférée à la tont

Retrouver ici la définition exacte de la lutte biologique par conservation .

Les espèces végétales retenues dans le projet :

  • Les plantes à pollens avec des floraisons étalées du printemps à l’automne comme les inules visqueuses, les sauges, les soucis, les bidens
  • Les plantes méditerranéennes nichoirs à auxiliaires : Lavatère olbia, Romarin, Viburnum

Le développement de l’habitat pour les auxiliaires sera réalisé conjointement par le Scradh et Phila-flor (conseil en installation).

Parmi les nombreux auxiliaires relevés précédemment sur les sites, deux familles ont un intérêt horticole tout particulier (Cf. Fiches Technique Environnement du Scradh, n°2 et 4) :

  • Les syrphes dont les adultes consomment divers pollens et les larves les pucerons (photo 1)
  • Les chrysopes sont des prédateurs de divers ravageurs et les adultes s’alimentent de pollens (photo 2)

Un protocole d’identification des espèces présentes et de reconnaissance de leur habitude alimentaire est mise en place dans le but de mieux cibler les plantes susceptibles de les conserver sur les sites.

Dans l’ordre chronologique, la réalisation pratique du protocole de conservation et de suivi de populations d’auxiliaires spécifiques :

  1. Espace réaménagé autour des cultures florales pour favoriser du mieux possible le maintien des populations de chrysopes et syrphes sur les sites.
  2. Installation des abris de style provençal « Cabanon à Chrysope » fin août 2009 : 1 par site
  3. De l’automne 2009 au printemps 2011 plantation et évaluation d’espèces végétales attractives, hôtes et nectarifères
  4. Constitution d’une base de données sur les pollens des plantes environnants les sites
  5. Dès l’apparition des premiers adultes de chrysopes et de syrphes : collecte d’individus aux abords et dans les cultures pour identifier les espèces et relever leur régime alimentaire (par une identification des divers pollens dans le tube digestif de l’insecte)
  6. Hiver 2010-2011 (janvier) : étude des abris par des comptages et identifications des populations hivernant dans les « cabanons ».

Photo 1 : « Cabanon à Chrysopes » conçu par le Scradh pour le SPL6 et fabriqué par l’ESAT de l’Ayguade

Vers une analyse fine des composantes écologiques

Ou l’état d’évolution des populations dans les cultures florales à travers les indicateurs robustes de caractérisation des milieux.

Afin de ne pas rester sur un simple constat de présence ou non d’auxiliaire, pour pouvoir comparer les observations sur les divers sites et pouvoir envisager une utilisation concrète des résultats de l’inventaire, nous avons donc fait appels aux concepts, méthodes et outils de l’écologie. Une analyse des composantes écologiques des niches à arthropodes implantées dans les cultures florales varoises a donc été effectuée.

L’analyse

Pour donner une dimension quantitative à une impression subjective, des indices écologiques sont utilisés pour caractériser chaque site ou milieu.

  • Richesse spécifique
  • Ratio utiles/nuisibles
  • Abondance
  • Diversité
  • Régularité (ou équitabilité) des espèces ou familles

L’analyse des composantes écologiques appliquée à chaque site permettra de comparer les divers résultats et les évolutions en fonction des pratiques agronomiques et des environnements.

Le maintien des populations indigènes par le biais d’habitats spécifiques

Tenant compte des acquis sur le sujet, l’hypothèse de recherche est une mise en place de divers habitats pour des arthropodes à fort impact agronomique. Deux voies sont privilégiées :

  • Les plantes à pollens
  • Les abris d’hivernage

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