Lisianthus

D'aspect fragile, le Lisianthus est une fleur d’été résistante aux fortes températures.

Surnommé "Gentiane des prairies", il appartient à la famille des Gentianacées. Devenu une fleur incontournable en quelques années, son impressionnante ascension est autant liée à ses qualités esthétiques qu'à ses aptitudes à la tenue en vase.

Mentionné pour la 1ère fois au début du 19ème siècle dans une parution botanique, le Lisianthus est une fleur sauvage Nord Américaine originaire des prairies du Nebraska, Colorado et Texas. Mais sa culture s’est peu développée aux états unis.

C'est au Japon que le Lisianthus est véritablement né pour la fleur coupée, grâce aux travaux de la société Sakata qui développera cette espèce pour l'introduire en Europe seulement au début des années 80, aux Pays-Bas.

30 ans en arrière, le Lisianthus n'existait pas sur les marchés européens de la fleur coupée !

La production française a débuté dans le Var en 1986. La surface plantée en Lisianthus peut être estimée en France à une quinzaine d’hectares. Le Var représente environ 40% de la production française sur quelque 6 hectares.

Offre mondiale :

Près de 132 millions de tiges de Lisianthus se sont vendues en 2010 sur les marchés des Pays-Bas, dont près de 60 millions de double (36% de plus que l'année précédente).

L'offre reste majoritairement composée de variétés à fleurs simples, même si l'écart de volumes tend à se réduire.*

Sur ces quantités, seulement 7% des produits sont importés.

Offre Varoise :

Près d'1,5 million de tiges de Lisianthus se sont vendues en 2010 sur les cadrans de la SICA Marché aux Fleurs d'Hyères, soit une baisse de 20%.

La production de Lisianthus à fleurs simples a disparu dans le Var au profit du Lisianthus à fleurs doubles ; en 2010, ce ne sont que des variétés à fleurs doubles qui ont été commercialisées sur le marché d'Hyères, qui est un créneau de produit haut de gamme, mieux coté.

* données VBN 2010

Calendrier de production :

Dans le Var, le Lisianthus est présent sur le Marché Aux Fleurs de Hyères de la mi-avril jusqu’au mois de novembre. On observe un pic de production de juin à septembre.

Cotations :

Le prix moyen aux Pays-Bas est toujours en 2010 à 0,30€ la tige*, identique à l'année précédente ; le Lisianthus simple reste à 0,29€, le double à 0,31€

Sur la même période, le prix moyen de la SICA MAF est de 0,35€ la tige, soit une augmentation de 9%.

Retrouvez les Cotations détaillées de cette espèces via : Le Service des Nouvelles des Marchés du Ministère de l'Agriculture et une analyse des mercuriales de la SICA MAF sur le site de la Chambre d'Agriculture du Var

Qualité :

La mise en place de la marque Hortisud est en cours afin d'assurer au mieux la qualité et la tenue en vase du produit extra par un contrôle interne, renforcé par un agrément Charte Qualité Fleurs pour lequel la démarche fait l'objet d'audits réguliers par un cabinet indépendant. Afin d'apposer cette marque sur leurs produits, les producteurs s'engagent à respecter un cahier des charges spécifique pour offrir à la clientèle une homogénéité et une régularité de l'offre de plus en plus constatée et appréciée.

Techniques culturales :

Le Lisianthus est une fleur d’été résistante aux fortes températures. Sa culture s’avère néanmoins assez difficile et requiert beaucoup de rigueur et une grande technicité car les techniques de production demandent de bien étudier la climatologie, l’irrigation et la fertilisation.

Le Lisianthus est sensible à de nombreux agents pathogènes (botrytis, mildiou…) et ravageurs (trips, larves de sciaridae…).

Certaines larves peuvent détruire toute une récolte de Lisianthus et leur éradication est complexe.

Les plantations de Lisianthus sans éclairage s’étalent habituellement de début janvier à mi-juillet (semaine 2 à 29) ; les jeunes plants achetés en Hollande sont plantés en pleine terre, en banquette avec grillage.

Quatorze à seize semaines sont nécessaires pour produire ces jeunes plants.

La densité de plantation est d’environ 45 plants/m². Cette densité peut atteindre jusqu’à 60 plants/m² mais uniquement dans le cas de la réalisation d’une seule coupe. Il faut prévoir de l’air pour que la seconde coupe, la remontée, puisse se développer correctement.

Ce sont des semis directs réalisés avec une petite marge de sécurité.

Au cours de l’élevage des plants, les plaques de semis directs sont reconditionnées à l’aide de robots et sont livrées complètes.

Les fabricants de jeunes plants sont au nombre de 4, tous établis en Hollande.

Le gros des commandes de jeunes plants de Lisianthus se fait donc de septembre à décembre de l’année précédente.

Ainsi, lorsque le producteur récolte et réalise la coupe de la remontée, il doit déjà penser à l’année suivante.

Les plantations se réalisent environ une fois par mois.

Une plantation début janvier implique que la récolte soit précoce puisqu’elle nécessite de chauffer des serres. Il faut donc arriver tôt sur le marché pour espérer atteindre les meilleurs prix.

Une plantation mi-juillet, période de l’année où il fait très chaud, il faut des variétés à croissance lente qui prennent le temps de pousser tranquillement pour être de bonne qualité.

Les variétés se classent ainsi en différents groupes (I à IV) selon leur adaptation aux différents cycles de culture annuels, l’expérimentation dans les stations spécialisées tenant compte du contexte climatique local et de leur aptitude au forçage.

Les nouveautés sont en effet nombreuses chaque année. Donc, la recherche des variétés les mieux adaptées en fonction des dates de plantation s’avère primordiale.

Pour les plantations qui se réalisent de la semaine 2 à 18, le producteur a la possibilité de réaliser deux coupes.

La 2ème coupe s’appelle la remonte.

La 1ère coupe est lente à pousser car il ne fait pas chaud et il y a un déficit en lumière.

De la fin de la 1ère coupe à la remontée, seulement une soixantaine de jours sont nécessaires. L’amélioration de la qualité avec la 2ème coupe est sensible mais possède encore une marge de progression.

Développement de techniques innovantes :

S’il existe aujourd’hui un large panel de variétés dont l’aptitude à la floraison permet d’observer différentes époques de plantation, cette plante héliophile reste difficile à produire en dehors des périodes de floraison naturelle.

Afin de tenter de solutionner ces problèmes, une commission de travail regroupant producteurs, techniciens et sélectionneurs, s’est attachée les services du Syndicat du Centre Régional d’Application et de Démonstration Horticole (SCRADH).

Depuis bon nombre d’années, la station explore différents axes et est à même de fournir un canevas complet relatif à la culture du lisianthus. Ces travaux sont conduits en collaboration avec la société d’obtention SAKATA qui fourni à grande échelle des graines aux fabricants de plants et qui milite pour un développement durable de la culture dans le bassin hyérois, convaincue des atouts dont dispose la région.

Pour les adhérents de la station, les résultats sont disponibles sur sa culture à basse température. En effet, la conduite du Lisianthus Boréalis en bisannuelle a obtenu de très bon résultats tant au niveau de l'économie d'énergie qu'en terme de calendrier.

L'évaluation variétale automne 2010 sur 28 variétés a également apporté ses premières conclusions, encourageantes puisque la commission a proposé de reconduire cette évaluation en 2011 sur 3, voire 4 dates de plantations selon les groupes, de la semaine 28 à 31, sur 11 variétés innovantes testées et prometteuses, ainsi que sur d'autres nouveautés.

Environnement :

La production de Lisianthus impose une désinfection de la terre après chaque culture. Aujourd’hui, il n’existe pas d’alternative à la désinfection des sols avec utilisation de fumigants.

Solution alternative voire complémentaire au traitement conventionnel, l’utilisation des méthodes de la protection biologique intégrée (PBI) progresse rapidement auprès des horticulteurs.

Elle permet une diminution des pertes et donne des résultats encourageants pour les problèmes de trips.

La PBI est donc une amélioration puisqu’elle permet de considérablement diminuer le nombre de traitements chimiques et ne plus utiliser de produits classés toxiques et toxiques plus, mais elle s’avère, pour l’instant, toujours un peu plus onéreuse que les traitements classiques.

La PBI n’est cependant pas la solution à tous les problèmes culturaux du Lisianthus ; les maladies notamment telluriques requièrent toujours un traitement chimique et elle ne résout en rien le problème de la désinfection des sols.

Évolution de la gamme :

Le premier pays conquis fut les Pays-Bas (1982) où les horticulteurs hollandais réussirent à maîtriser les techniques culturales et acquirent ainsi l’expérience nécessaire pour un développement rapide de l’espèce. Les premières variétés hybrides étaient de type précoce et présentaient des fleurs simples (série Yodel).

En 1990, les séries Heïdi (précoce à fleur simple) et Echo (précoce à fleur double) furent introduites pour la commercialisation .

La production de Lisianthus à fleur simple a disparu dans le Var au profit du Lisianthus à fleur double, qui est un créneau de produit haut de gamme, mieux coté.

Les fleurs simples sont utilisées en bouquetterie et produites en Hollande.

Le Lisianthus présente de bonnes aptitudes à la tenue en vase, à la résistance aux transports et sa gamme de coloris évolue et s’enrichit grâce à l’activité de multiplication.

Création variétale :

Autrefois tardifs, les producteurs disposent aujourd’hui de cultivars à fleurs doubles adaptés à la production précoce comme à la production de fin de saison.

Les nouvelles sélections ont aussi l’arrivée de nouveaux coloris comme le rose foncé, les bicolores aussi appelés picotés. Les tiges portent des fleurs plus nombreuses et groupées, parfois de grosse taille, parfois plus petites. Et enfin, un atout de taille pour le producteur pour ce qui concerne l’uniformité de la floraison facilitant grandement la récolte.

Les améliorations les plus palpables se situent au niveau de la qualité de la tige, de la rigidité des pédoncules floraux au sommet desquels se développent des boutons bien tulipés.

Le côté porteur de cette fleur se traduit par une concurrence entre les sélectionneurs et aboutit à la multiplication des séries (groupes de variétés présentant les mêmes caractéristiques ou aptitudes). Dès lors il est difficile pour le producteur d’y voir clair au milieu de toutes ces variétés et de faire les bons choix.

C’est la raison pour laquelle les nouveaux cultivars mis sur le marché sont soumis à une évaluation sous forme de tests comparatifs dans les serres de démonstration du SCRADH. Ces essais permettent aux producteurs de diversifier leur gamme tout en limitant les risques (voir l'onglet production de cette fiche).

TOP 10 :

Certes le blanc domine, mais voici le Top 10 des variétés les plus vendues au niveau mondial qui représente 53% des ventes 2010 :

"Piccolo White" fleurs simples 24 374 890 tiges (+12,8%)

"Excalibur Pure White" - fleurs doubles - 9 141 000 tiges (+79,5%)

"Piccolo Rose" - fleurs simples - 6 792 479 tiges (-13,4%)

"Piccolo Blue" - fleurs simples - 5 609 370 tiges (-2,3%)

"Piccolo Yellow" - fleurs simples - 5 009 930 tiges (-19.1%)

"Piccolo Green" - fleurs simples - 4 962 313 tiges (+13,1%)

"Rosita Purple" - fleurs doubles - 4 259 480 tiges (+181,9%)

"Piccolo Pink" - fleurs simples - 3 655 500 tiges (-19.8%)

"Rosita White" - fleurs doubles - 3 232 350 tiges (+133,8%)

"Rosita Rose Pink" - fleurs doubles - 3 126 870 tiges (+42.6%)

On notera que les "Rosita" ont remplacé les "Cessna" en variétés doubles. En effet, Excalibur et Rosita sont les standards des variétés à fleurs doubles qui ont doublé leur représentativité dans ce top 10.

On peut également remarquer que l'on ne trouve plus de picotée dans les variétés les plus vendues.

Contacts professionnels :

Rendez-vous sur le site de Sakata

ou contactez la société Plants et Services

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