L’existence d’une exploitation agricole ne s’achève pas lorsque l’agriculteur souhaite cesser son activité. Au même titre que la naissance d’une exploitation est un long processus, sa transmission est également un tournant décisif dans une vie d’agriculteur.
Cette étape mérite une longue réflexion pour trouver réponses aux nombreuses questions :
Que transmettre ? À qui ? Comment ? Que faire après ? Vendre ou louer ? Installer ou agrandir ? Préparer le partage successoral ? Trouver de la main d’œuvre salariée ?
Toute une vie passée sur l’exploitation, des investissements, souvent de lourds efforts ont permis l’existence de cette exploitation qui est bien plus qu’un lieu de travail. Théâtre de souvenirs passés c’est le lieu d’une vie de famille, brève période pour certains, longue pour d’autres, transmettre c’est à la fois préserver le travail réalisé et aussi donner toutes les chances à la pérennisation de cet outil.
Pour cela il faut préparer sa transmission, et la préparer bien avant l’âge de la retraite. Deux ans avant l’âge légal de la retraite (60 ans), la MSA rappelle l’obligation de déclarer son intention de cessation d’activité dans les 18 mois qui précèdent sa retraite. Mais deux années sont parfois insuffisantes pour bien penser à sa transmission et la réussir sur le plan financier, juridique et fiscal.
Dès l’âge de 55 ans, les étapes de réflexion doivent commencer et que tout se prépare de manière progressive et efficace. L’entourage, les proches sont des partenaires de discussions qui ont toute leur importance. Ces regards conjugués rapportent des précisions utiles à toutes décisions. Cette étape de préparation est capitale pour tout nouveau départ vers un nouveau mode de vie.
Se préparer à l’idée et de céder son exploitation et de cesser son activité, c’est envisager les différentes possibilités pour cheminer vers un projet partagé au sein de la famille. Quel avenir pour l’exploitation, à qui transmettre ? Ce choix appartient au chef d’exploitation.
Transmettre à son conjoint, ses enfants, ou à un membre de sa famille reste la solution la plus fréquente et la plus facile à mettre en œuvre. Mais lorsque aucun ne souhaite reprendre, lorsque le projet familial ne peut aboutir, il faut alors se tourner vers des voisins, des jeunes souhaitant s’installer en impliquant toutes les personnes concernées dans la démarche : conjoint, enfants, propriétaire.
Mûrir et faire vivre son projet, c’est aussi en parler autour de soi, avec ou sans successeur. Une démarche avec conseils et appui a toujours plus de chance d’aboutir qu’une recherche isolée.